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  • Les 4 résolutions 
que devraient adopter les leaders en 2018

    Les changements s’accélèrent dans nos organisations : transformation numérique, émergence du Big Data, réalité augmentée, intelligence artificielle, robotisation, arrivée de nouveaux compétiteurs dans certaines industries, habitudes des consommateurs en constante évolution et rareté de talents sans précédent ! Afin de faire face à cette multitude de défis simultanément, le leader d’aujourd’hui doit lui aussi se transformer. En fonction des tendances observées et de nos expériences, selon nous il importe d’investir dans l’humain. Voici quatre résolutions qu’un leader « transformationnel » devrait adopter en 2018.

    1. Investir dans sa propre personne

    Conscient de ses forces comme de ses zones d’ombre, le leader « transformationnel » sait très bien que les personnes qui travaillent à ses côtés sont plus que jamais à la recherche de sens et demandent aujourd’hui qu’il quitte son pupitre de chef d’orchestre pour se joindre à l’orchestre et lui aussi jouer d’un instrument. Il leur demande de travailler en équipe, d’être habiles et agiles, de dire ce qu’ils pensent, de partager leurs idées, de prendre des risques pour innover ? Le leader transformationnel laisse son ego de côté et se met au service de son équipe et entame d’abord sa propre transformation. Et non l’inverse.

    Un nombre important d’études récentes démontrent que le leader a besoin de développer la résilience, la collaboration et la prise de décision en prenant du recul. Dans un contexte où l’information et les courriels se multiplient, que nous passons la majorité de notre temps en rencontre, il est devenu ardu, voire presque impossible justement de se réserver du temps pour la réflexion et la prise de décision stratégique. Parmi les moyens à sa disposition, notons la pratique du mindfulness, c’est-à-dire sa pleine conscience, ainsi que la méditation. Pas pour devenir un gourou, mais pour avoir une vision claire de ce qu’il est, et de l’impact qu’il a sur les autres. Ces pratiques permettent de passer au-delà de la réalité objective et factuelle pour embrasser les sensations, les impressions, voire les intuitions des gens qui l’entourent. Cette sensibilité lui donne une perspective toute nouvelle, lui évitant de prendre des décisions automatiques, basées sur le réflexe de l’entrepreneur.

    En 2012, une étude* menée auprès de 96 superviseurs ainsi que leurs équipes a déterminé (et même mesuré !) que la pleine conscience des superviseurs se reflète systématiquement sur leurs employés : baisse de l’épuisement professionnel, mieux-être au travail, hausse de l’engagement, gains de performance, etc. En d’autres termes, l’attitude positive et bienveillante du superviseur est... contagieuse sur l’état d’esprit des membres de son équipe.

    À lire à ce sujet : Daniel Goleman et Richard Davidson, Altered Traits : What Science Reveals How Meditation Changes Your Mind, Body and Brain.

    2. Investir dans les gens et les relations

    En 2018, le leader qui se veut transformationnel doit saisir qu’investir du temps dans les gens est plus efficace et rapporte davantage que d’investir majoritairement du temps dans le suivi des résultats.

    Une étude de la Harvard Business Review a même quantifié le bénéfice qu’un investissement dans la personne peut rapporter en comparant des entreprises où les individus sont confiants à des entreprises où ils le sont peu. Le résultat est impressionnant :

    Stress : – 74 %

    Jour de maladie : – 13 %
    Burnout : –40 %

    Engagement : + 76 %

    Énergie à investir à la tâche : + 106 %
    Productivité : +50 %
    
Satisfaction : + 29 %

    Ce qui n’est pas mesuré ici, mais tout aussi important, c’est que les leaders qui investissent dans les relations humaines avec leurs employés voient leurs entreprises grimper en inventivité, en efficacité, en résultats, et sont beaucoup plus performantes tant en recrutement qu’en rétention de talents. Or, c’est aujourd’hui le talent qui permet à une entreprise de se différencier et de se surpasser.

    C’est le langage même du dirigeant d’entreprise qui est en mutation : au lieu de ne parler que de capital et de retour sur l’investissement, au lieu de demander des chiffres et des redditions de comptes à ses collaborateurs, il leur demande de partager sa vision et de s’impliquer avec lui dans la réinvention de l’entreprise.

    À lire à ce sujet : Paul J. Zak, The Neuroscience of Trust (article paru dans la HBR en 2017); Michael C. Mankins et Eric Garton, Time, Talent, Energy Overcome Organizational Drag and Unleash Your Team's Productive Power.

    3. Mobiliser l’intelligence collective

    Le leader que l’on connaissait jadis était perçu comme étant le « détenteur de la vérité », et donc de la boussole. Le leader que l’on souhaite en 2018 est tout autre : il sait que la vérité est plurielle puisqu’elle obéit à des phénomènes nombreux, complexes, en mouvement perpétuel. Pour avoir une vision systémique et cohérente, pour être lui aussi en mouvement perpétuel, il fait appel à l’intelligence collective et la variété des talents et compétences que composent son équipe.

    Il met la hiérarchie et l’organigramme de côté. Il responsabilise ses employés. Il joue à fond le collectif, sur le modèle du cerveau humain qui doit sa formidable créativité à l’interaction de ses cellules, à leur autonomie dans la complémentarité. Son rôle consiste à leur donner de l’oxygène.

    Véritable « architecte social », il mobilise ses troupes et valorise les contributions individuelles et collectives. Il les responsabilise afin qu’ils aient toute la latitude requise pour être des générateurs d’innovations. Il capitalise sur la diversité en mettant les forces et les talents individuels au service de l’enrichissement collectif. Il n’hésite pas à consulter d’autres parties prenantes externes et développer un réseau riche en talent divers, afin de venir se nourrir d’idées nouvelles, de perspectives différentes, voire même à contre-courant. Tout ceci favorise l’émergence d’idées nouvelles et de solutions plus robustes et plus pérennes.

    À lire à ce sujet : Frederic Laloux, Reinventing Organizations.

    4. Se mettre au service du bien commun

    Une dernière résolution pour permettre de véritablement devenir un leader transformationnel est de n’attendre aucune loi, aucune réglementation pour faire de son entreprise un modèle. Le leader prend comme résolution d’appliquer aujourd’hui ce qui demain sera la normalité : s’inscrire dans la durée, la pérennité, en créant de la valeur pour les générations futures.

    Il ne renonce pas au profit, ce qui serait un non-sens, mais il le réconcilie avec la société en le réinvestissant dans le développement de la société de demain. Sa responsabilité sociale et environnementale n’est pas une résignation agaçante, mais une stratégie gagnante basée sur la nécessité d’être une entreprise progressiste : qui se donne une mission à la fois économique et sociétale, qui se soucie de la prochaine génération, qui capitalise sur l’intelligence collective, qui concilie l’impératif de profitabilité et le respect de l’écosystème social et environnemental, qui veille à ce que la gouvernance soit en phase avec les parties prenantes.

    À lire à ce sujet : Micheal Porter, Creative Shared Value (article paru dans la HBR, 2011). Cet article paru en 2011 est encore brûlant d’actualité : ce que l’auteur y prône n’est toujours pas mis en pratique...

    Comment reconnaître les leaders transformationnels ?

    Bien qu’ils soient peu nombreux, les vrais leaders transformationnels seront faciles à reconnaître : ils ont remplacé les beaux discours par l’action concrète, ils avancent dans la sincérité et l’authenticité en laissant leur ego de côté.

    On pourrait s’attendre à ce qu’ils soient discrets, mais ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce que leur vision comporte la notion de partage, de mise en commun des savoirs et des expériences. De là, ils ne cachent pas leur recette : ils la révèlent en se disant que c’est ainsi que l’on construit une société, voire un monde meilleur et pour tous. Tous vous diraient que les meilleures résolutions que vous puissiez prendre pour 2018... c’est d’emboiter le pas.

    *Reb, J., Narayanan, J. and Chaturvedi, S. 2012. Leading Mindfully: Two Studies on the Influence of Supervisor Trait Mindfulness on Employee Well-Being and Performance. Springer Science+Business Media, LLC 2012